Thierry Ehrmann bouleverse le marché de l’art
Thierry Ehrmann est un trouble fête dans le monde de l’art et plus particulièrement sur le marché de l’art. Fondateur d’Artprice, il n’a pas forcément l’appui de ces pairs. Sous la menace des commissaires priseurs et du Conseil des ventes volontaires, il modifiera le terme de ventes aux enchères sur son site en courtage afin d’apaiser les esprits.
Cette opposition entre « traditionnalistes » du marché de l’art et « originaux » comme Thierry Ehrmann, dissimule un univers où les enjeux sont beaucoup plus importants qu’ils n’y paraissent et où l’Asie (avec la Chine en tête) est en train de monopoliser le marché. Une opposition que l’on peut assimiler à celle des opérateurs de téléphonie mobile ; Xavier Niel et les autres.

Vente en ligne d’oeuvres d’art sur artprice
Aperçu d’Artprice
Artprice , pour ceux qui ne connaissent pas est né en 1987 et est devenue au fil des ans, la référence international de la cotation d’artistes. Aujourd’hui ArtPrice c’est 1.3 million de membres dans plus de 90 pays, et plus de 27 millions d’indices et résultats de ventes sur près de 450 000 artistes. Artprice c’est aussi des frais d’intermédiation de 5% au lieu des 37 % habituels constatés en moyenne. Une des causes de cette différence : l’absence de gallerie. Un poste budgétaire qui peut atteindre des sommets. De plus, sa connaissance très approfondies des segments du marché lui permet d’optimiser son offre.
Vers une dématérialisation
Avant, les acheteurs se déplaçaient dans les salles de ventes. Aujourd’hui, les acheteurs ont laissé place à de véritables call centers. De moins en moins d’acheteur sont présents. Ils préfèrent gérer par téléphone leurs achats avec un opérateur de la salle des ventes. Une dématérialisation renforcée par Internet qui pourrait devenir un lieu de transaction de plus en plus important.
Une mutation que les maisons de ventes ont du mal à suivre mais qui fait le bonheur de Thierry Ehrmann.
Certaines maisons de ventes se mettent petit à petit à la vente en ligne mais la plupart pour des petites transactions. Les économies générées sont donc substantielles, et ne représentent pour certaines d’entre elles que 1% de leur activité.
Même si le but est de vendre une oeuvre d’art, vendre en « dur » et vendre « en ligne » sont deux métiers différents. Les maisons de ventes avance un argumentaire autour de la qualité et de l’expertise d’une vente, prétendant qu’un « courtier » comme Thierry Ehrmann ne propose aucune valeur ajoutée. Faux, certains penseraient. En effet, proposer un large catalogue d’oeuvre à des collectionneurs sans qu’ils ne quittent leur bureau créer de la valeur. En tout cas pour l’acheteur, qui, disposant de peu de temps, pourra à loisir choisir les oeuvres qu’il souhaite acquérir et ne sera pas obligé de courir les maisons de ventes. La plupart des business model sur Internet sont basés sur ce principe ; l’agrégation ou l’intermédiation. L’internaute désire acheter une oeuvre d’art, Artprice lui en propose des milliers avec des indicateurs comme l’évolution de la cotation de l’artiste par exemple.
Un autre E-bay pour l’art ?
Le marché de l’art est en pleine mutation. Bientôt la France sera détrônée au cinquième rang mondial pour les ventes d’art par Singapour. Drouot dans un marché de l’art mondial de 22 milliards représentent 45% du marché de l’Art français pour 415 millions d’euros. Le courtage électronique que met en place Thierry Ehrmann et ses équipes peut-il réellement détrôner les historiques maisons de vente comme Christie’s ou Artcurial ?
Artcurial pense que non. La relation mis en place entre ces maisons et les vendeurs ainsi que le sourcing ne pourront être remplacés par un simple courtier. A l’instar d’Ebay qui aujourd’hui ne proposent que des objets de peu de valeur. Une révolution que l’on est pas près de voir selon Artcurial. Les oeillères que s’imposent cet opérateur risquent de lui coûter cher. Pour information, Ebay a annoncé des chiffres records pour 2011 et l’objet le plus cher jamais vendu sur ebay est un jet privé pour un montant de 4.9 millions de dollars.
Une mutation inévitable
Le fait qu’un canal de distribution prenne le pas sur un autre, traduit une mutation du marché. En tant qu’opérateur historique, ne pas voir un marché qui évolue, peut conduire à sa perte. Par exemple l’industrie musicale n’a pas vraiment su anticiper le changement du mode de consommation de la musique. Les maisons de ventes traditionnelles resteront-elles hermétique à cette évolution ou au contraire évolueront et suivront Thierry Erhmann ?





